Cinq questions pour comprendre l’initiative « Je m’engage pour l’Afrique (JMA) »

Lancé en décembre 2020 par la Marocaine Amina Zakhnouf et la Franco-Togolaise Ileana Santos, l’incubateur de projets « Je m’engage pour l’Afrique (JMA) » veut construire un cercle vertueux des politiques publiques pour une Afrique inclusive et performante. Dans une actualité qui se concentre sur les crises, cette association fondée par le duo Forbes Under 30 Afrique œuvre à encourager les jeunes « afro-optimistes » à prendre leur place. Nous en parlons avec la cofondatrice Ilena Santos. Entretien.

Je mengage pour lAfrique
Ileana Santos et Amina Zakhnouf, cofondatrices de « Je m’engage pour l’Afrique (JMA) »

1-Quelle a été la genèse de ce projet ?

Ce projet est parti de plusieurs constats. Avant tout, celui d’un besoin de changement de paradigmes et d’une actualisation nécessaire des narratifs autour du continent africain. Les jeunes doivent prendre part au débat et à la décision publique car ils en sont les premiers concernés.

Cette génération talentueuse, soudée, motivée, plurielle et déterminée à faire bouger les lignes, émerge mais elle a besoin d’être accompagnée pour être plus visible et plus impactante. Amina et moi avons conçu cette initiative, basée sur la transversalité, comme un véhicule pour incuber les idées, plaider pour nos propres narratifs et accélérer les initiatives innovantes sur le continent. Nous voulions aussi profiter de nos origines pour créer des ponts entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Nord. Anima est marocaine et moi franco-togolaise.

2-Quel rôle l’association peut jouer dans le développement du continent ?

Avec 100 millions de jeunes africains arrivant sur le marché du travail d’ici 2030, leur implication est essentielle pour appréhender les défis et opportunités dans tous les secteurs d’activités.

L’association veut participer à construire un monde inclusif et durable tout en apportant aux jeunes une compréhension des modalités et des voies pour devenir des acteurs de leurs territoires.

JMA a conçu un parcours d’engagement en trois étapes pour des jeunes, étudiants, actifs ou entrepreneurs, qui souhaitent s’engager pour l’Afrique.

Cela se traduit par le partage d’une méthode visant à faire émerger des nouvelles recommandations de politiques publiques, d’un accompagnement à la prise de parole dans le débat public en France ou en Afrique, d’une formation pour permettre à tous de comprendre les modalités du monde, et comment s’y faire une place.

3-Quels sont les domaines d’actions de JMA ?

JMA AFRIQUE

Nous sommes impliqués dans quatre domaines : finance & investissement, numérique, culture, transition écologique et solidaire. Nos actions se développent sur la base de quatre outils en commençant par la rédaction de notes de politiques publiques construites avec les experts JMA pour prendre position face à des enjeux de politiques publiques sur nos thématiques clés. Nos ateliers et tables rondes permettent de partager des points de vue avec les « afro-optimistes » et de formuler des recommandations selon la méthode JMA.

Via nos livres blancs, nous souhaitons porter nos positions aux décideurs et engager le débat sur l’espace public. Et enfin, les retours d’expériences sont faits pour optimiser nos travaux tout en inspirant les nouvelles générations à s’engager pour l’Afrique.

4-Un exemple de projet dont vous êtes fière ?

En juin 2023, JMA a lancé son programme phare invitant des jeunes entrepreneurs, étudiants ou actifs africains et européens âgés de 18 à 35 ans à repenser le futur des politiques publiques. Pendant trois mois, les Résidents bénéficient d’interviews d’experts, de formations techniques (introduction aux politiques publiques, théorie du changement) et pratiques (storytelling, prise de parole en public), de rencontres inspirantes ainsi que d’un séminaire d’idéation.

Ce projet permet de créer et d’animer un véritable espace de dialogue entre acteurs publics, privés ou citoyens, de favoriser des rencontres multidisciplinaires entre jeunes africains et européens, d’en faire émerger des projets concrets répondant aux enjeux d’une ville africaine et des entreprises du territoire tout en valorisant leurs parcours à travers nos podcasts ou interviews diffusé(e)s sur notre magazine en ligne JMAmag.

La première année, soixante-dix personnes se sont inscrites et cette année plus de trois cent personnes (dont deux cent issues du continent africain), venues de vingt-trois pays, ont rejoint le programme. Notre plus grande fierté est de montrer qu’il est possible de créer une telle communauté avec peu de moyens.

5-Qui sont les personnes qui vous rejoignent ou travaillent avec le JMA ?

Aujourd’hui, nous sommes cinq salariés avec une centaine de bénévoles à l’année qui s’engagent en fonction de ce qu’ils veulent donner et des projets. Ceux qui nous rejoignent aujourd’hui sont autant des personnes de la diaspora que des personnes non diasporiques.

Il y a six mois, nous avons fait un appel à projet pour la création de contenus pédagogiques. Nous avons reçu quatre cent candidatures en 24 heures dont les trois-quarts venaient du continent africain. Les personnes qui souhaitent travailler avec nous peuvent nous contacter via notre site en se positionnant selon ce qu’elles souhaitent faire et des projets qui les intéressent.

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