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Macron annonce la fin officielle de l’opération Barkhane

Par Ambre Delcroix
Nov 11, 2022
4 min
Emmanuel Macron Toulon Barkhane

3 mois après le retrait définitif des militaires français du Mali, le président Emmanuel Macron a annoncé le 9 novembre 2022, lors d’une visite dans la ville de Toulon, la fin officielle de l’opération anti-jihadiste Barkhane.

La fin de neuf années de collaboration

Lancée en 2014, après la fin de l’opération Serval, en partenariat avec les cinq pays membres du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), l’opération Barkhane avait pour but de lutter contre les groupes armés jihadistes dans toute la région sahélo-saharienne.

Au-delà d’empêcher les jihadistes d’atteindre la capitale malienne en 2013 et de ramener la sécurité dans le nord du Mali, l’objectif de l’intervention française était également d’accompagner la montée en puissance des forces armées maliennes (Les Fama). 

Malgré les critiques, les autorités françaises assurent que les opérations Serval et puis Barkhane ont permis de sauver l’intégrité du Mali, dont la capitale Bamako risquait de tomber en 2013 dans les mains des groupes Djihadistes. Pour le colonel Raphaël Bernard, auteur du livre ”Au cœur de Barkhane”, grâce notamment à l’appui de la France et de ses partenaires à l’armée malienne, les forces armées maliennes ont pu monter en puissance et sont passées de 7000 à 40.000 hommes.

Fin de l’opération Barkhane

“Nous ne pouvons rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés”, déclarait Emmanuel Macron, en annonçant la fin de l’opération, après la fuite dans la presse d’un potentiel contrat signé entre la junte malienne et le groupe paramilitaire russe Wagner.

C’est en 2021 que le président Emmanuel Macron avait annoncé son intention de réduire de moitié les effectifs d’ici à 2023, mais la détérioration profonde des relations entre la France et le Mali a précipité le désengagement total qui avait été finalement annoncé en février 2022.

Les soldats français dans le Sahel étaient un peu plus de 5 000 au plus fort du déploiement, soit la plus grande opération extérieure de la France à cette période. L’opération s’arrête avec un lourd bilan : 59 soldats français morts au Mali.

Que deviennent les soldats Français sortis du Mali ?

Après son départ du Mali, l’armée Française reste tout de même dans la région et continue à lutter contre les groupes jihadistes liés à Al-Qaïda ou au groupe Etat islamique, qui étendent progressivement leurs actions vers les pays du Golfe de Guinée. 

L’idée est désormais de continuer à agir, mais en discrétion, selon les autorités françaises. Aucun nouveau nom n’a été donné aux troupes désormais déployées dans la région et notamment au Niger.

Selon l’Elysée, le principe est “de réduire l’exposition et la visibilité des forces militaires en Afrique, de se concentrer sur la coopération et l’appui, principalement en termes d’équipement, de formation, de renseignement et de partenariat opérationnel lorsque les pays le souhaitent”. 

La nouvelle stratégie française en Afrique sera finalisée dans six mois, selon Macron

La nouvelle stratégie de la France en Afrique sera finalisée d’ici six mois, après consultations avec les pays africains, a précisé Emmanuel Macron. “Nous lancerons dans les prochains jours une phase d’échanges avec nos partenaires africains, nos alliés et les organisations régionales pour faire évoluer ensemble le statut, le format et les missions des actuelles bases militaires françaises au Sahel et en Afrique de l’Ouest”, assure le président français. 

“C’est indispensable et c’est une des conséquences que nous tirons de ce que nous avons vécu ces dernières années dans toute la région du Sahel”, a détaillé Macron.

“Nous n’avons en effet pas vocation à rester engagés sans limite de temps dans des opérations extérieures” – Emmanuel Macron

“Nos interventions doivent être mieux bornées dans le temps. Nous n’avons en effet pas vocation à rester engagés sans limite de temps dans des opérations extérieures”,  justifie le président français.
“Notre soutien militaire aux pays africains de la région se poursuivra, mais selon les nouveaux principes que nous avons défini avec eux”, a-t-il précisé.