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Entretien avec le sénégalais Thione Niang 

Par Ambre Delcroix
Nov 12, 2022
4 min
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« Personne ne viendra relever l’Afrique, c’est aux africains et leurs diasporas de s’unir pour le faire »

Ancien responsable des jeunes démocrates aux États-Unis, proche de Barack Obama, entrepreneur social, conférencier international, auteur de six ouvrages tout en étant agriculteur, Thione Niang incarne pour beaucoup le rêve américain et la détermination. 

Après avoir flirté avec les sommets de la politique Américaine, rentré au Sénégal, il s’est engagé depuis pour l’”empowerment” de la diaspora et la motivation des jeunes leaders africains ou afro-descendants.

 Nous l’avons interrogé sur le Thione Niang Global Tour, sa tournée de la diaspora, dans laquelle il est investi depuis septembre 2022.

Tama Média : « Vous êtes habituellement basé dans une ferme au Sénégal mais on vous a vu dans plusieurs pays depuis deux mois, le Rwanda, la France, les USA, le Canada, pourquoi tous ces déplacements ? »


Thione Niang : « En 2021 pendant une tournée en Europe, aux USA, en Amérique du sud, au Canada, j’ai remarqué de vraies similitudes de culture entre l’Afrique et sa diaspora. J’ai compris à quel point africains et afro-descendants ont cette racine commune qui reste forte. Et je pense fermement que ce lien peut aider nos communautés à s’unir dans un objectif commun :  développer une Afrique autonome, forte et leader !

C’est pourquoi j’ai décidé de parcourir à nouveau le plus de pays pour rencontrer la diaspora, l’encourager à se remonter les manches et à s’unir pour soutenir le développement du continent Africain. » 

TM : « Quel est le message que vous transmettez lors de ces rencontres. » 

TN : « L’Afrique est le continent le plus riche avec les habitants les plus pauvres. Nous ne pouvons plus continuer ainsi. Personne ne viendra relever l’Afrique, c’est aux africains et à leurs diasporas de le faire !

Nous devons nous-même, africains et afro-descendants nous mettre en connexion pour échanger, développer des projets et nous soutenir financièrement, idéologiquement ou socialement.

Je sensibilise aussi la diaspora sur le fait de revenir à la maison, ou du moins de participer même à distance au développement de l’Afrique. Ceux qui sont en Afrique ont besoin des enfants de ceux qui sont partis, pour partager les apprentissages et les acquis venus de l’extérieur. 

Le meilleur moyen de s’enrichir c’est de partager ».

TM : « Comment la diaspora que vous rencontrez au cours de cette tournée peut développer des relations constructives et se connecter mutuellement ou avec l’Afrique » ?

TN : « A chaque fois, sur les conférences dans lesquelles j’interviens, je rencontre entre deux cent et deux mille personnes, le meilleur moyen que j’ai trouvé pour les connecter ensemble c’est le digital. Après ma tournée en 2021, j’ai créé une plateforme en ligne pour permettre justement à ceux qui le souhaitent de rentrer en réseau les uns avec les autres :  Afro Global Connect. 

Elle a pour objectif de mettre en avant des leaders de la diaspora ou d’Afrique et de leur permettre de se connecter entre eux très facilement. C’est un projet qui prendra toute sa dimension très bientôt. 


TM : « Lors de cette tournée de la diaspora, quels sont les pays que vous avez visité récemment et quelle est la suite ? »

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TN : « Le mois dernier, j’ai été dans plusieurs villes de France, puis Washington, Ottawa, Kinshasa, la Réunion et 11 novembre je serai à Casablanca pour une masterclass sur la souveraineté alimentaire et l’émergence du continent. 

Sont prévus ensuite, la Guadeloupe, Toronto, la France de nouveau, Marrakech, la Belgique, la Colombie, le Brésil. 

Pour le mois de mars, je travaille sur une tournée du continent Africain pour rencontrer la jeunesse et les décideurs et j’espère pouvoir rencontrer un maximum de personnes dans un maximum de pays. 

Les défis qui nous attendent sont profonds, certains diront même impossible, mais je suis persuadé que si les africains et la diaspora s’unissent, nous pouvons réinventer ce qui est possible et refaçonner notre histoire ».