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Au Mali, les proches de l’ex-otage Olivier Dubois soulagés et reconnaissants

Par Sagaïdou Bilal
Mar 23, 2023
5 min


Après près de deux ans en otage au Sahel, le journaliste français Olivier Dubois a été libéré le lundi 20 mars 2023. Au Mali, où il exerçait son métier de journaliste avant son enlèvement, ses amis et anciens collègues témoignent de leur soulagement et joie de le voir enfin libre.

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Olivier Dubois à sa descente d’avion à l’aéroport de Villacoublay, près de Paris.

La nouvelle est tombée le lundi soir, depuis le Niger. Enlevé le 08 avril 2021 à Gao, au Nord-Mali, Olivier Dubois aura passé près de deux ans dans les mains de ses geôliers. Sa libération est rendue officielle ce lundi 20 mars. Un sentiment de joie vite propagé sur Twitter par ses collègues présents au Niger, à l’aéroport de Niamey, d’où il s’est envolé pour Paris. « C’est énorme pour moi d’être là, d’être vivant. Je ne m’y attendais pas du tout », dit-il devant ses confrères à l’aéroport de Niamey, avant de rendre hommage au Niger, à la France et tous ceux qui l’ont permis d’être libéré. Sur son état de santé, il a rassuré se sentir bien malgré la fatigue, ajoutant au passage ne penser qu’à sa famille, adressant également ses remerciements à Radio France Internationale [RFI] — qu’il écoutait régulièrement pendant sa captivité. Il est libéré avec l’otage américain Jeffery Woodke, un humanitaire enlevé en 2016 à Abalak, au Niger.

Depuis l’enlèvement d’Olivier, une grande mobilisation s’est mise en place pour obtenir le plus rapidement possible sa libération, tant au Mali qu’en France métropolitaine et en Martinique. Journaliste ayant longtemps travaillé avec Olivier, Célia D’Almeida était jusqu’à sa libération, porte-parole du comité de soutien à Bamako. Ce comité était composé de deux pôles, celui de Paris et celui de Bamako auxquels le pôle de Martinique vient s’ajouter, puisque Olivier est Martiniquais. « Le comité avait pour objectif principal de garder la cause d’Olivier à l’esprit de tout le monde. Donc il y avait eu beaucoup d’articles, beaucoup d’événements dans les villes en France, [à Bamako], et tout cela grâce à Reporters sans frontières qui dirigeait la coordination », explique Célia D’Almeida, toute heureuse de ce dénouement heureux. Dans cette coordination, ajoute-elle, « il y avait beaucoup de monde, qui était mobilisé autour d’Olivier Dubois : des anciens otages, des élus (parlementaires, maires), des journalistes entre autres ». Ils étaient, indique-t-elle, à peu près deux cents personnes dans ce comité mobilisé pour la libération du désormais ex-otage français.


Sentiment de reconnaissance

« Il y a donc beaucoup de manifestations, beaucoup d’articles dans les journaux, puisque Olivier est journaliste et a collaboré avec différents organes, il y a également des messages que la famille laissait pour lui sur les médias RFI et France 24 chaque 8 du mois, rappelle toujours Célia D’Almeida. Ce sont tous ces éléments qui ont permis de garder Olivier présent à l’esprit de l’opinion nationale française, malienne, mais aussi internationale parce que, plusieurs semaines après son enlèvement, beaucoup de personnes ne connaissaient pas sa situation. ». C’était, ajoute-t-elle, le seul moyen pour eux, ses proches, de tenter de contribuer à sa libération en le gardant à l’esprit de l’opinion et des décideurs, pour qu’ils puissent faire ce qu’il y avait à faire afin qu’il soit libéré.

« Mon sentiment aujourd’hui, c’est un sentiment de soulagement, un sentiment de reconnaissance, pour tous ceux qui se sont mobilisés, tous ceux qui ont fait quelque chose, si petit soit-il, porter un bracelet, publier sur les réseaux sociaux, participer à des manifestations, écrire des articles, il y a des gens qui l’ont peint, tous ceux qui ont fait quelque chose pour qu’Olivier soit parmi nous aujourd’hui », exprime naturellement Célia D’Almeida. Avant de poursuivre : « Un sentiment de gratitude évidemment envers les États de la France, du Niger, mais aussi du Mali, qui ont fait ce qu’ils ont pu pour qu’Olivier puisse revenir auprès de sa famille et des gens qui l’aiment ». C’est le même sentiment de joie et de reconnaissance qui anime le rédacteur en chef du Journal du Mali, Boubacar Haïdara, avec lequel Olivier Dubois a collaboré, et qui s’est fortement mobilisé également pour sa libération. Depuis le mardi, l’ex-otage est à Paris où il a retrouvé les siens, famille et collègues, et enchaîne des interviews — en attendant de reprendre son métier.