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Can Côte d’Ivoire 2023 : une compétition de foot, des enjeux économiques et politiques

Par Fatoumata Bakily
Jan 14, 2024
5 min

Le pays des Éléphants, pour la seconde fois après 1984, abrite la Coupe d’Afrique des nations (Can). Du 13 janvier au 11 février 2024, la 34e édition de la grand-messe du football continental se tiendra dans un pays où le président Alassane Ouattara, en poste depuis 2011, a mis les petits plats dans les grands dans l’espoir d’en tirer les dividendes.

Can Côte d’Ivoire 2023 : une compétition de foot, des enjeux économiques et politiques

Can Côte d’Ivoire 2023. Le coup d’envoi du rendez-vous biennal du foot africain a été donné ce samedi soir par la Côte d’Ivoire et la Guinée-Bissau. Devant près de 40.000 supporters acquis à leur cause au stade olympique Alassane Ouattara d’Ébimpé, à Abidjan, les Éléphants ont tenu leur rang face aux Djurtus (lycaons, NDLR).

Sur une frappe enroulée, comme il sait en déclencher avec justesse aux abords de la surface, Séko Fofana a ouvert le score dès la 4e minute de jeu. Jean-Philippe Krasso, aligné sur le front de l’attaque par le sélectionneur français Jean-Louis Gasset, a doublé la mise à la 58e minute. Offrant ainsi les trois précieux points du match d’ouverture à la Côte d’Ivoire avant le choc du 18 janvier prochain contre le Nigeria.

Can Côte d’Ivoire 2023 : une compétition de foot, des enjeux économiques et politiques
Can Côte d’Ivoire 2023 : une compétition de foot, des enjeux économiques et politiques

Jusqu’au soir du 11 février, les yeux des footeux de l’Afrique entière seront rivés sur la Côte d’Ivoire. En coulisses et sur le terrain, l’ombre du président Alassane Ouattara planera sur la compétition sportive majeure. Le chef de l’État de 82 ans, en perspective de l’élection présidentielle de 2025, compte tirer de cette Can un gain financier pour son pays et un bénéfice personnel même s’il ne s’est pas encore prononcé sur un possible quatrième mandat.

Quarante ans après le tournoi de 1984, cet héritier de Félix Houphouët-Boigny, le père de la nation, peut en tout cas s’enorgueillir d’avoir obtenu l’organisation de la Can à Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo et San Pédro avec la promesse d’en faire « la plus belle de l’Histoire » à tous points de vue. Pour atteindre cet ambitieux objectif, Alassane Ouattara s’est montré intransigeant sur la qualité des infrastructures et le respect des délais de livraison. Conformément au cahier de charges de la Can dont les standards sont de plus en plus élevés depuis le passage en 2019 à 24 sélections qualifiées en phase finale.

En début octobre 2023, il a remercié le Premier ministre Patrick Achi et dissous son gouvernement. Avec Robert Beugré Mambé, jusqu’alors gouverneur de la capitale économique de la Côte d’Ivoire, les travaux de la Can ont été achevés en trois mois au grand bonheur de la Confédération africaine de football (Caf). La supervision du dossier de la « Can de l’hospitalité » a été confiée au nouveau Premier ministre, déjà en charge des Jeux de la Francophonie en 2017.

Une enveloppe d’1,3 milliard d’euros a été dégagée pour notamment construire quatre stades, en rénover deux et remettre à neuf les routes reliant les cinq villes retenues pour la joute. Malgré les critiques sur ces importants investissements, le camp présidentiel mise sur les retombées avec 1,5 million de visiteurs attendus dans les différents sites. C’est toute une économie qui peut profiter de l’évènement.

Coup de publicité pour « Sublime Côte d’Ivoire »

Ce slogan, figurant cette saison sur les maillots de l’Olympique de Marseille, célèbre club français, est une invite à visiter la Côte d’Ivoire, mais aussi à investir dans cette terre d’opportunités.

Sur le plan des affaires, la Coupe d’Afrique des nations offre une merveilleuse campagne de communication. « Parmi les supporters, il y a des hommes et femmes d’affaires, des entrepreneurs… Cette compétition est une vitrine aussi politique qu’économique lors de laquelle chacun pourra constater que le climat des affaires est bon ici », a récemment déclaré dans la presse ivoirienne Amadou Coulibaly, le porte-parole du gouvernement.

Les matchs de la Can 2023, 52 au total, seront diffusés dans plus de 150 pays. Signe de l’intérêt grandissant de la compétition, 5000 journalistes vont couvrir la présente édition. Jamais dans son Histoire, la Caf n’a délivré autant d’accréditations. Des professionnels de l’information privilégiés ont pu assister à l’époustouflant spectacle de la cérémonie d’ouverture avec en guest stars Magic System, Yemi Alade, Dadju ou encore Tayc.

Sur les pelouses, les 24 nations en lice ne se feront pas de cadeaux. L’enjeu étant de taille. La Caf, pour sa part, a revu à la hausse les primes. Comparées à l’édition précédente, elles progressent de 40 %. En effet, le champion d’Afrique recevra 6,3 millions d’euros. Le finaliste malheureux se consolera avec 3,6 millions d’euros. Le troisième et le quatrième empocheront chacun 2,2 millions d’euros tandis que les quarts de finaliste percevront 1,1 million d’euros.

En premier supporter des Éléphants, Alassane Ouattara priera bien sûr pour la victoire finale des siens. Si Serge Aurier et ses partenaires veulent suivre les traces d’Alain Gouaméné (1992) et de Yaya Touré (2015), ils devront dans la ferveur populaire se sublimer face à la rude concurrence. Un tel dénouement ravirait le 5e président de la Côte d’Ivoire. Au plan politique, ce serait également son triomphe.