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Soudan : l’armée et un groupe paramilitaire s’affrontent pour le pouvoir

Par Christian Allahadjim
Apr 17, 2023
3 min

Le Soudan est entrainé dans un cycle de violences depuis le 15 avril. L’armée régulière fait face aux Forces de Soutien Rapide (RSF) du Général Mohammad Hamnda Dagolo, dit Hemetiti, numéro 2 de la transition. Face à la guerre de communication que se livrent les deux camps, la confusion reste totale.

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Que s’est-il passé ?

Khartoum, capitale du Soudan, est secoué depuis le 15 avril 2023 par des violents affrontements entre l’armée régulière et les Forces de Soutien Rapide (RSF), un groupe paramilitaire. Les combats pour le contrôle de la capitale continuent jusqu’à ce jour.  

Dans ce qui s’apparente à une tentative de prise de pouvoir, deux camps se dressent. Le premier est celui du Général Abdel Fattah Al-Burhan, Président du Conseil Souverain de Transition, organe qui préside à la destinée du Soudan depuis la chute d’Omar Hassan El-Béchir en 2019. Ce camp est soutenu par l’armée régulière. Le second est dirigé par le Général Mohammed Hamdan Dagolo, numéro 2 du Conseil Souverain de Transition. Les rivalités entre les deux hommes forts du pays ont dégénéré en affrontement sanglant. 

Selon un bilan fourni par le syndicat des médecins du Soudan, plus de 97 civils sont tués lors de ces combats qui se font dans les rues de Khartoum. Le 16 avril, les protagonistes ont accepté la proposition des Nations unies d’ouvrir un couloir sécurisé afin d’évacuer des blessés. Ce, pour trois heures de temps, tout en gardant le droit de riposte en cas d’attaque d’un camp. Une guerre de pouvoir qui risque de coûter cher. 

Selon des spécialistes du Soudan, la pomme de discorde entre les deux maîtres de Khartoum est la réforme des services de l’armée voulue par le Président du Conseil Souverain de Transition, Abdel Fattah Al-Burhan, qui est en même temps le chef de l’armée. L’état-major général des armées souhaite faire intégrer dans ses rangs les Forces de Soutien Rapide (RSF), un groupe paramilitaire créé en 2013 par l’ex-président Omar Hassan El Béchir. Proposition que n’a pas rejetée le commandement de RSF mais qui entend garder son autonomie, même une fois intégré dans l’armée.  

Guerre de communication

Depuis le déclenchement des hostilités, la confusion reste totale quant à la situation sur le terrain. Les deux camps ne s’affrontent pas seulement sur le terrain mais également dans la presse et sur les réseaux sociaux. Une véritable guerre de communication. Chaque camp revendique le contrôle des lieux stratégiques tels que l’aéroport, le palais présidentiel, les bases militaires, etc. Des images à l’appui, l’armée et les RSF exhibent leur exploit. Tantôt le numéro 2 de la transition, Général Mohammed Hamdan Dagolo est en fuite ; tantôt le palais présidentiel est passé sous contrôle du groupe paramilitaire ; tantôt le siège de l’état-major général des armées est détruit. La guerre de communication est telle que la confusion continue par régner sur ce qui est de la situation sur le terrain. 

Qui contrôle Khartoum et le palais présidentiel ? La question reste toute entière. 

Christian Allahadjim

By Christian Allahadjim

Correspondant à N'Djamena au Tchad